| HISTORIQUE SOCIÉTÉ
DES ARTS DE GENÈVE |
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La Société des
Arts est la plus ancienne association privée genevoise. Dans le
vaste mouvement des Lumières qui a vu dès le milieu du XVIIIe
siècle la création de nombreuses sociétés
dites d’émulation ou d’utilité publique, Genève
a tenu sa place par la fondation, en date du 18 avril 1776, d’une
«Société pour l’avancement des arts».
Il ne faut pas s’y tromper: dans ce contexte, les «arts»
désignent non pas les «beaux-arts», mais les «arts
et métiers». Le but avoué des fondateurs était
de contribuer par toute espèce d’initiatives au progrès
et à la promotion des manufactures, du commerce et de l’agriculture
locales. Analogue en cela aux Loges maçonniques, la Société ne se recruta que chez les hommes, mais réussit au départ à réunir, dans la poursuite d’un idéal commun, des personnalités de milieux très différents. Des deux fondateurs, l’un, Louis Faizan, était un simple horloger, l’autre, Horace-Bénédict de Saussure, professeur de philosophie à l’Académie, naturaliste et physicien de grand renom, était l’intellectuel le plus prestigieux de Genève en même temps que l’époux d’une riche héritière. Ce mélange des classes sociales se retrouve dans le recrutement des premiers membres (ils étaient déjà 500 au bout d’une année) où le groupe des magistrats, des pasteurs, des professeurs, des avocats, des médecins et des grands propriétaires fonciers est contrebalancé par celui des horlogers, orfèvres, bijoutiers, émailleurs, graveurs et autres techniciens de la «Fabrique». Sous l’égide d’un organisme directeur, deux «comités» furent formés, qui multiplièrent bientôt les initiatives, l’un dans le domaine des «arts», l’autre dans celui de l’économie et de l’agriculture. Des concours furent lancés chaque année, des cours de mécanique, de dessin et de chimie furent organisés avec succès, des échanges de correspondance, des visites et des démonstrations permirent à la Société de se familiariser avec les découvertes scientifiques et techniques qui étaient en train de bouleverser les modes de production et la manière de vivre de l’Occident. On décerna également des «prix de vertu», très en vogue à l’époque. En 1778-1780, la «Société établie à Genève pour l’encouragement des arts et de l’agriculture» était en mesure de publier deux volumes de Mémoires, rivalisant avec ceux des grandes académies européennes. |
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